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Richard ou le monde moderne

  • Balade en Floride

    C'est extraordinaire, de constater à quel point on peut évoluer, au cours d'une vie. La preuve : récemment, j'ai fait un voyage de groupe à Miami. C'est pourtant une chose que j'aurais eu du mal à supporter à une époque pas si éloignée ! Auparavant, je ne pouvais concevoir de voyager autrement que par moi-même, à goupiller les circuits comme je l'entendais. Je ne regrette pas une seconde d'avoir été comme ça durant si longtemps, mais désormais, je suis un peu plus cool qu'avant : j'apprécie même le fait de me laisser porter, de laisser des professionnels s'occuper du programme ! Mais le vrai changement, en fin de compte, c'est cette envie nouvelle de voyager en groupe. Pendant très longtemps, notre famille a formé une unité parfaitement autonome. Mais les enfants ont grandi : ils veulent désormais plus de liberté, et font les activités sans nous. Du coup, ma femme et moi nous sommes sentis un peu désœuvrés au début. Et c'est une période loin d'être facile dans une vie de parent, à mon avis : ce moment où les gamins, sans quitter la maison, sortent de leur cocon pour vivre leur vie ; les parents se retrouvent soudain seuls, et doivent alors se faire à l'idée de ce changement. Et donc, s'ouvrir à nouveau aux autres. Ma femme et moi avons dû apprendre cela, et à discuter avec d'autres couples. C'est une chose qui m'a un peu déconcerté parce que je n'y étais pas préparé le moins du monde. Quand on a des enfants, on sait qu'un jour, ils grandiront et finiront par quitter le nid. Le truc sur lequel on fait l'impasse, c'est ce qu'on fera alors. Car quand ça arrive, ça sonne un peu comme la fin du monde. Mais avec le recul, recouvrer un peu de liberté, ce n'est pas vraiment un mal... Au fait, si vous n'êtes pas réfractaire au voyage de groupe, je vous conseille celui que nous avons opéré à Miami en Floride : la destination est vraiment épatante, et l'organisation nous a gâtés tout au long du séjour. Je vous mets en lien l'agence qui s'en est occupée, si vous voulez creuser la question. http://www.voyagegroupe.fr/destinations/voyage-groupe-amerique-du-nord/voyage-groupe-floride/

  • Yemen, la mort par le choléra

    L'épidémie de choléra, qui sévit au Yémen depuis fin avril, touche désormais plus de 300.000 personnes, et plus de 1.600 en sont décédées, a annoncé lundi le Comité international de la Croix-Rouge (CICR). "L'épidémie de choléra au Yémen continue de progresser de façon incontrôlée", a ajouté le CICR dans le même tweet. "Aujourd'hui, plus de 300.000 personnes sont suspectées d'être malades. Plus de 1.600 sont mortes", écrit l'organisation internationale basée à Genève. Dans son dernier bilan, l'Organisation mondiale de la santé (OMS) avait fait état, entre le 27 avril et le 2 juillet, de 262.649 cas suspects et de 1.587 décès dans 21 provinces. L'effondrement des infrastructures médicales et sanitaires au Yémen, ravagé par plus de deux ans de guerre entre les forces progouvernementales soutenues par une coalition arabe conduite par l'Arabie saoudite, et les rebelles chiites Houthis soutenus par l'Iran, a favorisé fin avril l'apparition du choléra dans le pays pour la deuxième fois en moins d'un an. L'épidémie fait environ 7.000 nouveaux cas chaque jour, a précisé dans un tweet le directeur régional du CICR pour le Proche et Moyen-Orient, Robert Mardini. Sanaa, Hodeida, Hajjah et Amran sont les zones les plus touchées, souligne-t-il. Les Yéménites font face en outre à un risque de famine avec 17 millions de personnes, soit les deux tiers de la population, souffrant de malnutrition.

  • Le tourisme des ghettos

    Drôle de «safari» à Bushwick. Trois fois par semaine, un groupe de touristes en quête d’authenticité arpente les rues de l'un des quartiers les plus pauvres de New York —paradoxalement aussi l’un des plus branchés de la ville. Un journaliste de Dazed Digital a décidé de s’y rendre «pour mieux comprendre ce qu’il s’y passe»: «Pour être honnête vis-à-vis des “visites guidées pédestres gratuites”, le thème de la visite de Bushwick, c’est le street art. Et où pourraient-ils aller faire cette balade si ce n'est précisément là où il y a des graffitis? Ceci dit, cette troupe d’amateurs de squash habillés en Patagonia –qui pourraient bien se prenommer Margeret ou Dawson– et chaperonnés pour cette balade dans le coin, a un effet assez étrange sur moi.» Et l’auteur de l’article paru sur le site de Dazed n’est pas le seul à partager cet avis: «Je pense que les visites guidées sont vraiment très étranges», appuie Chris Carr, un artiste local et habitant du quartier depuis 2009. «C’est paradoxal. C’est un quartier dans lequel les gens ont peur de se rendre, sauf s'il s'agit d’une visite guidée. Ils ont une fausse impression d’être en sécurité, alors qu’ils l’auraient été aussi à 2h du matin, seuls.» La pauvreté à Bushwick n’a rien de tendance Il est vrai que Bushwick n’a pas toujours été aussi tendance. Et, pour certains, le quartier ne l’est toujours pas: 30% des habitants de Bushwick vivent en dessous du seuil de pauvreté, le taux de chômage est l’un des plus forts de Brooklyn et on y vit moins longtemps –en moyenne onze années de moins– qu’à Manhattan, situé à seulement un quart d’heure de métro. C’est après la Seconde Guerre mondiale que Bushwick a commencé à s’appauvrir en perdant ses moyens de production économique, jusqu’à déstabiliser sa classe moyenne. Dès les années 1980, la drogue et les problèmes sociaux font rage «et ce sont d’ailleurs ces mêmes conditions de vie hostiles qui ont donné naissance à une culture dynamique, mêlant mode, musique et art», ajoute le journaliste. Trente ans plus tard, ses loyers peu chers comparés au reste de la ville et ses grands entrepôts ont fait de Bushwick un paradis pour les bourgeois bohèmes. La gentrification est en marche. «Vous pourriez me dire que c'est la bonne période de la gentrification: plus de sécurité, des loyers abordables... Mais la guerre des investissements immobiliers entraîne la hausse démesurée des loyers et pourrait obliger les populations et les commerces locaux à se déplacer, tant que cela continue à augmenter», argumente le journaliste. Après avoir fini la visite guidée, le journaliste de Dazed écrit: «Je regarde les autres participants de la visite. Combien d’entre eux reviendront après le coucher du soleil pour boire un verre sans avoir le luxe d’être accompagnés? Comment se sentiraient-ils si des habitants de Bushwick arpentaient leur quartier trois fois par semaine, en montrant du doigt et en prenant en photo leurs maisons, leurs commerces, leurs rues?» Il ajoute: «Les visites guidées de favelas au Brésil sont aussi problématiques, selon moi. Mais, au moins, l’argent qu’elles génèrent revient directement aux membres de la communauté observée. À Bushwick, la visite guidée fait un arrêt dans un magasin branché qui vend du café et du pain bio.» Avant de conclure: «Un jour, dans un futur pas si lointain, les graffitis que les touristes ont payé pour voir pendant la visite guidée seront les seules reliques de ceux qui ont vécu dans ce quartier.»