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  • L'économie solidaire

    Les expériences que nous avons observées depuis une dizaine d’années et les études de cas que nous avons menées au Nord comme au Sud révèlent une économie sociale enfin sortie de son éclipse de plusieurs décennies. De plus, comme le suggère Fall pour l’Afrique, le concept d’économie sociale peut s’avérer fédérateur de nombreuses initiatives issues de l’économie populaire, du secteur informel, de mouvements associatifs, de syndicats, d’ONG, d’Églises, etc., mais qui évoluent ou évoluaient jusqu’à maintenant en rangs dispersés (Fall, 2000). Fédérateur par son approche transversale (par delà les secteurs, se regrouper sur une base territoriale commune), par son caractère inclusif (des initiatives bien organisées sous forme de mutuelles, d’associations ou de coopératives mais aussi des initiatives plus informelles), fédérateur aussi par le projet d’économie politique dont il est porteur, c’est-à-dire une démocratisation du développement et une redistribution de la richesse produite. Pour en savoir plus sur le GESQ et sa participation au Réseau intercontinental de promotion de l’é (...) Pour ce qui est du Québec, le Groupe d’économie solidaire du Québec (GESQ), en collaboration avec les différents réseaux de l’économie sociale québécoise (Conseil de la coopération du Québec, Chantier de l’économie sociale, groupes de femmes, organisations syndicales, OCI, chercheur, etc.), dans la foulée de la Rencontre internationale qu’il a organisée à Québec en 2001, participe sans doute de cette proposition d’une économie sociale fédérative regroupant les organisations et entreprises ayant développé elles-mêmes un volet international ou ayant une mission de coopération internationale comme c’est le cas des OCI7. Les grands enjeux de la période actuelle à l’échelle internationale sont la pauvreté, une écologie de la planète qui est à haut risque et la faible régulation politique des flux financiers et de la mondialisation économique.En d’autres termes, les mouvements sociaux ont à s’attaquer en premier lieu à la mutation de l’emploi, du travail, de l’environnement et de la protection sociale. L’économie sociale et solidaire, par des mutuelles ou par des entreprises créées dans tous les secteurs d’activités où elle peut trouver une niche, crée de l’emploi, favorise la coopération dans le travail et introduit là où elle est présente des mesures de protection sociale et un développement local durable. En outre, l’économie sociale et solidaire s’investit directement dans la protectionde l’environnement par l’intermédiaire de certaines initiatives économiques, comme par exemple le développement d’entreprises dans le secteur de la récupération et du recyclage. Finalement, la mondialisation en cours appelle aussi de nouvelles formes de régulation telles des nouvelles gouvernances locales, des politiques pour réglementer à nouveau les échanges financiers au plan international (taxe Tobin), des nouvelles formes d’échange au plan commercial (commerce équitable).

  • La révolution de la blockchain

    Seize milliards de dollars, voilà le montant record annuel généré par le marché de l’art. Tableaux, sculptures, gravures ou encore photographies, entre logique d’investissement, spéculation et collections de passionnés, ce marché bat chaque année des records de croissance. Et pourtant, le panorama est loin d’être complet. La raison?? Le monde de la création digitale, celui des œuvres d’art numérique, échappe très largement aux écrans radars. En effet, si un travail artistique est reproductible indéfiniment et gratuitement, comment un collectionneur peut-il savoir qu’il détient un original?? “Si un travail artistique est reproductible indéfiniment et gratuitement, comment un collectionneur peut-il savoir qu’il détient un original??” Garantir l’authentification et le suivi du parcours des œuvres numériques est donc un enjeu de taille, condition sine qua non à l’essor d’un véritable marché de l’art digital. Ce défi est en passe d’être résolu grâce à Monegraph, et plus particulièrement la blockchain. Imaginé par un professeur de l’université de New York, ce service permet de créer et de gérer des licences pour un usage commercial des œuvres, en sécurisant toutes les informations passées et présentes relatives à la propriété de l’œuvre numérique. Une des fonctionnalités principales de la blockchain, justement. C’est en octobre?2015 avec la une de l’hebdomadaire ‘The Economist’, que le sujet blockchain dépasse le cercle des seuls “geeks” pour aller vers un public un peu plus large. Le véritable emballement n’a toutefois lieu qu’à partir de début 2016, en témoigne l’évolution du nombre de recherches du mot-clé “blockchain” sur Google dans le monde, qui a quasiment été multiplié par deux en quelques mois. Jusqu’alors limité, le nombre d’articles dans les médias a lui aussi explosé. La blockchain, littéralement “chaîne de blocs”, a été créée en 2008 avec la monnaie virtuelle bitcoin (voir encadré). “Il s’agit d’une technologie de stockage et de transmission d’information, explique Antoine Yeretzian, associé et co-fondateur de la société de conseil Blockchain France. Cette technologie possède en particulier trois caractéristiques?: elle est transparente, sécurisée et fonctionne sans organe central de contrôle.” Voilà pour la définition académique d’un outil qui plonge directement les utilisateurs dans l’univers des bases de données. “Il s’agit d’une technologie de stockage et de transmission d’information, Cette technologie possède en particulier trois caractéristiques?: elle est transparente, sécurisée et fonctionne sans organe central de contrôle” Comme l’écrit le mathématicien Jean-Paul Delahaye, il faut s’imaginer “un très grand cahier, que tout le monde peut lire librement et gratuitement, sur lequel tout le monde peut écrire, mais qui est impossible à effacer et indestructible”, écrit Blockchain France dans un ouvrage sur le sujet*. Pensé et construit sur les cendres de la crise de 2008, le système porte ainsi dans ses gènes une philosophie de la confiance. Henri Verdier, grand spécialiste du digital, actuellement directeur interministériel du numérique, résume?: “la blockchain est à la confiance ce qu’Internet a été à la communication”. Internet est une formidable machine à copier et diffuser des informations. Cette technologie utilisée quotidiennement par des milliards d’individus dans le monde a libéré la communication des contraintes des supports physiques tels que le courrier, les catalogues, les journaux ou les CD-Rom. Base de données infalsifiable et irrévocable, sorte de tiers de confiance 2.0, la blockchain promet elle la confiance dans les échanges entre tiers sans passer par aucun intermédiaire. Une véritable révolution dans un univers digital empoisonné par la fraude informatique et en proie à une inflation des dépenses en cybersécurité. “Nous sommes face à la deuxième génération de l’Internet, celle des valeurs et des transactions, là où la première génération a largement été celle de l’information et de la communication”, ajoute Éric Lévy-Bencheton, blockchain strategist au sein de la société de conseil Keyrus. La blockchain invente une nouvelle forme de sécurité dans les échanges et les transactions dans une logique décentralisée et autonome. Quelques cas d’usages existent déjà. Dans le secteur de l’assurance – l’un des tout premier à avoir manifesté son intérêt pour cette technologie –, des expérimentations ont été lancées. L’objectif?? Automatiser l’exécution de contrats. La blockchain fait office de tiers de confiance automatisé avec trois bénéfices à la clé. Un?: une diminution des coûts de structure. Deux?: une meilleure fiabilité des opérations. Trois?: une accélération des processus. Illustration par deux exemples permettant de comprendre l’étendue des possibilités offertes par les “smart contracts”. Un agriculteur peut être automatiquement indemnisé après 30 jours sans précipitation dans le cadre d’un smart contract alimenté par le service national de météo. Grâce à la blockchain, l’assureur s’affranchit de la gestion de déclaration de sinistre ou de l’intervention d’un expert. Idem dans l’assurance voyage, où les passagers ayant souscrit ce type d’accord seront indemnisés automatiquement si leur vol est enregistré avec du retard. La blockchain garantit la sécurité et la fiabilité des informations sur les départs et les arrivées des avions. Dans la banque, au-delà du phénomène des crypto-monnaie de type bitcoin, notre outil ouvre la voie à l’émergence de nouveaux services, comme en témoigne l’explosion des start-up dites “fintech”. Agrégation de comptes bancaires, gestion automatisée d’épargne boursière, affacturage à destination des PME… La bataille des services a déjà commencé. “Les banques ne restent pas inactives et essayent de transformer la menace en opportunité, remarque Antoine Yeretzian. La méthode retenue est globalement toujours la même?: s’approprier la technologie pour l’adapter au sein des systèmes actuels.” Un consortium a été créé autour de la start-up américaine R3, qui vise à développer des applications commerciales pour le secteur financier. Rapidement, de nombreux établissements s’associent au mouvement. Plus d’une quarantaine de groupes y participent.