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La « parabole » du café

Le café qu’on fait chez soi offre une illustration, anecdotique peut-être, mais finalement assez parlante de la variété des possibilités domestiques de prévention en matière de déchets. De déchet absolument inévitable, le café, le vrai, n’engendrerait finalement que le marc restant lorsque le jus est passé. Or ce marc peut être très utilement versé avec les déchets fermentescibles à composter, pour peu qu’on ait un jardin (voire disposé directement au pied de cultures pour son pouvoir réputé répulsif à l’encontre de divers pucerons ou autres parasites…). Certes bien des cafetières ajoutent à la production de déchets un filtre jetable, accessoire « moderne » de la fabrication du petit noir. Ce produit, pour éphémère qu’il soit (même si j’en connais qui refont dans le même filtre, réalimenté à chaque fois en café moulu, leur deux ou trois rasades quotidiennes de café, avant de ne vider au composteur individuel que le cône bien plein de marc…), n’en est pas moins constitué de cellulose donc tout aussi compostable. Et voilà notre composteur doublement mis à contribution… Si on veut pousser jusqu’au bout la démarche éco-consommatrice, la gamme des filtres proposés permet d’ailleurs de donner la préférence aux moins défavorables à l’environnement : fibres cellulosiques alternatives, non blanchies au chlore… (des raisons d’hygiène compréhensibles ne donnent pas droit de cité ici au papier recyclé). Au delà des auto-proclamations de telle ou telle marque à ce sujet, signalons qu’il existe un éco-label officiel NF Environnement pour les filtres à café. Tout ça ne doit pas pour autant faire oublier les alternatives au filtre jetable : certaines cafetières ont bien un corps muni d’orifices, leur permettant d’assurer par elles-mêmes cette fonction de filtre, avec éventuellement la pression qui fait les bons expresso ; on doit aussi encore trouver chez quelque quincaillier l’ancienne « chaussette » réutilisable en tissu, qui se culottait agréablement à l’usage… Cette petite analyse des déchets n’a bien sûr pour objet que d’alimenter un peu la réflexion. En matière de café, c’est le goût de chacun qui va primer. Ceci ramène d’ailleurs un instant à l’emballage, que nous avions oublié. S’il a du sens ici, c’est bien pour protéger ces arômes qui font notre plaisir. La variété des emballages et suremballages au rayon épicerie laisse toutefois songeur : verre, plastiques divers, papiers plus ou moins aluminisés, enveloppes superposées, bouchons sophistiqués, il y a sans doute de quoi choisir le moins emballé, et pas forcément au détriment de la qualité. Les cafés solubles (qui eux, par contre, ne laissent aucun marc !) ne sont pas les moins dotés. Et ce n’est rien comparé à certaines doses individuelles dans des capsules hyper sophistiquées destinées aux cafetières automatiques, qu’on peut trouver sur les lieux de travail ou ailleurs : dans le genre « micro emballage suremballé », pour renfermer un dé à coudre de café, on ne fait pas pire ! La bonne vieille boite métallique à café ne permettrait-elle pas de trouver un compromis entre conservation et emballage de vente optimisé (l’éco-recharge à café, en somme). Et chez le torréfacteur du quartier, peut-être pourrais-je la faire remplir directement d’une sélection personnelle des meilleures senteurs ? Quant au sucre, osons soutenir sans détour que l’emballage de chaque morceau ou le recours aux petits sachets ou tubes de sucre en poudre n’a peut-être pas beaucoup de justification à la maison. Il doit donc être possible de déguster un bon café… sans engendrer trop de déchets !

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